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date dernière modification : 17/10/02

Chronique du mardi 21 octobre 1997

Papon le résistant sans mémoire ni histoires de résistant

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photo R. Baldet

Cette audience fut aussi celle du désaveu et du parjure du sénateur Genton. Elle est celle des premières remises en cause des témoins. Tout d’abord, le sénateur Genton est accusé de mensonge par l’avocat général Robert. Et enfin, dans un débat agité et emporté, deux témoins se contredisent sur les événements d’octobre 1961. Forcément, l’un des deux ment. Mais qui ?

Enfin, grâce à Maître Blet, un argument important a été soulevé concernant la résistance de Papon, l’homme dont on a vu celui qui connaît celui qui a dit qu’il était résistant. Papon ne mentionne jamais un acte de résistance, ses témoins de témoins, non plus. Maître Blet a fait justement remarquer à la cour qu’il était surpris de voir un ancien résistant n’avoir aucune histoire de résistance à raconter. Je peux en témoigner, car chez moi, une famille de résistants, père, mère, oncles, etc. Il ne se passait guère de dimanche sans entendre les exploits de nos parents (même si c’était souvent les mêmes histoires qui revenaient).

L’audience reprend avec une intervention de l’avocat général Robert : " Le sénateur Genton nous a indiqué que contrairement à l’avis du Jury d’honneur qui déclarait que Papon aurait dû démissionner. Sa position était contraire à celle du Jury d’honneur, expliquant le cas de Saint Amand. Il prenait l’exemple du sous-préfet de Saint-Amand et son remplacement par un milicien. Sans revenir sur la nature de l’exemple à qui je trouve des limites... je tiens à rectifier une erreur, sur la base de sources autorisées " le dictionnaire des préfets " des archives nationales, 1994. Le sous préfet en question, Pierre Lecene, membre du réseau NAP (Noyautage des Administrations Publiques) , des Forces Françaises Combattantes a été arrêté par la gestapo en 1944, déporté à Dachau, récompensé à la libération, nommé préfet. Enfin, il subit une longue maladie des suites de sa déportation. Je m’inscris donc totalement en faux contre ce témoignage. Il n’y a aucune comparaison possible avec Papon en 1942. "

En moi-même, je me dis : " merci, monsieur Robert. "

Le Président Castagnède " Merci, il en allait de l’honneur de ce grand Français, dont la réputation a été pour le moins égratignée ".

Maître Rouxel (défense) produit la mitraillette remise par l’ambassadeur Eytan à l’ambassade d’Israël en 1964, sur la plaque on lit " remis par les industries israéliennes ".Le fait est récusé par l’ambassadeur, qui a nié avoir remis à Papon cette mitraillette.

Le Président Castagnède fait le point sur les témoins présents et absents.

L’audience continue avec le dépôt de conclusions et de pièces de Maître Levy concernant le tunnel de la gare Saint Jean. Le Président Castagnède indique que la diffusion du film d’Antenne 2 se fera éventuellement le jour où l’on parlera des rafles.

 


bouchinet
 

 

Le premier témoin est Claude Bouchinet Serreulles, 85 ans, retraité. Le témoin se tourne d’abord vers les avocats des parties civiles, instant de détente. Le Président Castagnède, avec difficulté, lui rappelle qu’il doit se tourner vers lui et lui fait prêter serment. Le témoin explique sa surdité. " J’étais de 1940 à 1943 à Londres au cabinet de De Gaulle avec ceux qui ont continué à se battre, j’étais lieutenant. De Gaulle m’a gardé à son cabinet jusqu’au jour où, à ma demande, je suis parti en France me battre. En 1943, Jean Moulin est de passage à Londres, et je me suis mis à sa disposition. Jacques Bingen aussi, Jean Moulin a accepté de grand cœur. J’ai rejoint Lyon en 1943, peu de temps avant son arrestation. J’ai pris sa succession provisoire avec Bingen qui m’a rejoint en août 1944. Bolaert, le successeur de Jean Moulin, a été arrêté avec Pierre Brossolette et a été déporté. On ne l’a jamais revu. Puis Alexandre Parodi lui a succédé jusqu’à la libération. Bingen a été arrêté par la gestapo et s’est suicidé avec sa capsule de cyanure. En 1944, après le débarquement, les Allemands commencent à se sauver et nous voulions que les commissaires de la République prennent leur charge dans des conditions normales. Nous avons fait le tour des capitales régionales en vélo. " Il passe par Limoges, Clermont Ferrant, Toulouse puis Bordeaux. Là, il rencontre Gaston Cusin (le témoin est représentant du gouvernement d’Alger) et son équipe. Dans l’équipe de Cusin, il se trouve Papon, " Cusin m’a dit que Papon était avec nous, il a rendu de grands services à la résistance. Nous lui avons demandé de rester le plus longtemps possible, car il était plus utile à la préfecture. " - " Cusin était un clandestin, il devait aller au plus vite et se fier aux avis qu’il recueillait. " Plus tard, Cusin a souhaité faire nommer Papon préfet, pour qu’il soit au même niveau que ceux de Gironde et des Landes. Voilà pour 1944. Plus tard en 1961, 18 ans après, nous avons signé ensemble une proclamation contre l'O.A.S., le lendemain, victime d’un plastiquage à mon domicile, Papon me propose un gardien de la Paix pour garder mon domicile, je refuse et je ne l’ai plus revu jusqu’au procès. " Puis en fin d’intervention, le témoin déclare " Les fonctionnaires devaient rester en fonction jusqu’à ce qu’en leur âme et conscience, ils jugent qu’ils devaient démissionner. "

Le Président Castagnède " Aviez-vous été renseigné du sort de vos concitoyens juifs ou étrangers juifs et connaissiez-vous le rôle de Papon dans le service des questions juives ? "

Le témoin sans répondre vraiment, parle d’un séjour en Allemagne, d’où il revient " férocement antiraciste ". " Nous ne connaissions pas la solution finale, le fait qu’ils partent en Allemagne était pour nous un soulagement, car nous pensions les retrouver vivants à la fin de la guerre ". Il rappelle que les hommes en place doivent juger en leur âme et conscience.

Un assesseur " Avez-vous rencontré parmi les équipes des commissaires de la République, d’autres anciens fonctionnaires de Vichy ? "

Claude Bouchinet Serreulles " Absolument, il y en avait beaucoup. Le mieux placé pour répondre serait celui de Marseille. "

L’assesseur " Arrivé à Bordeaux, vous n’avez pas été surpris de voir un ancien fonctionnaire de Vichy dans l’équipe de Cusin ? Celui-ci, vous a-t-il fait part d’éléments sur la résistance de Papon ? "

Claude Bouchinet Serreulles " Non, je n’ai posé aucune question. Cusin n’avait pas à se poser de question, il tenait un homme qui connaissait la préfecture à fond. De Gaulle a dit Papon était des nôtres. "

Le Président Castagnède " Avez-vous rencontré un haut fonctionnaire qui ait démissionné plutôt que d’accomplir des actes contraires à sa conscience ? "

Claude Bouchinet Serreulles " Le général Simon, il y avait plus de militaires que de civils à le faire. "

Le procureur général Desclaux " Je demande au témoin des précisions. Il était à Londres jusqu’en 1943. A-t-il entendu parlé de Papon et de sa résistance ? "

Claude Bouchinet Serreulles " Non. "

Le procureur général Desclaux " Vous avez estimé que les commissaires de la République n’avaient pas de moyens d’investigation. Le témoin peut-il préciser comment on accordait cette fonction ? "

Claude Bouchinet Serreulles " C’était la tâche de Debré, on lui faisait confiance et on ne se faisait pas leurrer par les premiers venus "

Le procureur général Desclaux " Lorsque le témoin a rencontré Cusin et Papon, il a été présenté comme quelqu’un ayant rendu de grands services à la résistance, peut-il préciser ? "

 


bouchinet

 

Claude Bouchinet Serreulles " Papon a rendu de grands services. Il donnait des cartes d’alimentation, des cartes d’identité, c’est souvent la somme de petits services qui font de grands services. "

Le procureur général Desclaux " Aucun acte précis n’a été donné ? "

Claude Bouchinet Serreulles " Non "

Maître Jakubowicz " Vous avez dit que les commissaires de la République n’avaient pas de moyens d’investigation. Le témoin peut-il préciser si la religion de Cusin n’aurait pas pu être trompée par Papon ? "

Claude Bouchinet Serreulles " On peut tout imaginer "

Maître Jakubowicz " Vous avez dit que Cusin avait pris Papon parce qu’il connaissait la préfecture comme sa poche. N’était-ce pas là, la principale raison "

Claude Bouchinet Serreulles " Un des éléments. "

Maître Jakubowicz " A Londres, avait-on connaissance des lois antijuives ?" Claude Bouchinet Serreulles " De Gaulle ne connaissait pas la solution finale "

Maître Jakubowicz " J’ai parlé des lois antijuives. "

Claude Bouchinet Serreulles " Il les condamnait dans les termes les plus vifs, pour lui, un officier juif était avant tout français. "

La suite ne donne rien, nos avocats enchaînent les questions, Maître Jacob se fait rappeler à l’ordre par le président, quand il signale au témoin " que d’après Olivier Guichard, la phrase de De Gaulle n’est pas tout à fait la même. " Ce que le témoin reconnaît avant de s’excuser de sa mémoire fragile.

 



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Maîtres Klarsfeld, Touzet, Boulanger, Wetzer, Levy et Jakubowicz enchaînent les questions : " connaissait-il une déclaration du secrétaire aux affaires étrangères anglais qui, en 1942, parlait clairement du sort réservé aux Juifs dans les camps ? Connaît-il une note de Tissier d’octobre 1944, à l’adresse de Cusin, pour lui imposer d’appliquer les mesures d’épuration ? Confirme-t-il que jamais, avant 1944 à Londres, on ne parle ni de Papon ni de ses faits de résistance ? Que pense-t-il de la déclaration de Guy de Rothschild disant que le Général n’a jamais mentionné le martyre juif dans le martyrologe français ? Comment explique-t-il le silence de De Gaulle sur le génocide ? Tout cela ne donne rien.

 



Doublet

 

 

Le témoin suivant, Maurice Doublet, 83 ans, ancien préfet de Paris, de la Seine et de la Marne a rencontré Papon à trois reprises. Il ne tarit pas d’éloges sur Papon. " Papon était un chef responsable, exigeant, d’une intelligence exceptionnelle, d’une culture très forte et très fidèle en amitié. " Puis poussé par l’avocat général Robert, il précise que Papon avait un supérieur hiérarchique, le libre arbitre n’existe pas. L’exécutant n’est ni responsable ni coupable.

Maître Levy " Vous dites, quand on est fonctionnaire, on ne doit pas désobéir aux ordres. Cela est-il un cas d’irresponsabilité pénale ? " Malgré plusieurs reformulations, dont une du président Castagnède, Maître Levy n’obtient pas de réponse.

Puis Maître Jakubowicz " Connaît-il le statut des fonctionnaires ? "

Maurice Doublet " Oui. "

Maître Jakubowicz " Donc, lors d’une question posée à l’accusé, Papon a dit que Vichy était illégitime. Si on fait la somme de sa réponse avec celle de Papon, ne pense-t-il pas que Papon aurait dû démissionner en 1942 ? "

Maurice Doublet " Fait-on le procès de Papon, de Vichy ou de De Gaulle ? Si c’est le procès de Papon, ma réponse est non. Je pense que dans ce procès, on est en train de faire le lit des théories d’intolérance et d’antisémitisme. " Puis " De Gaulle a dit que Vichy est illégitime. "

Maître Lilti " Pour le gaulliste que vous êtes, un fonctionnaire doit-il obéir à un ordre illégitime ? "

Maître Varaut " C’est le procès du gaullisme qu’on fait en parallèle ici. " Suit un petit incident comique ; Maître Varaut demande au témoin " Dans les camps de prisonniers en Allemagne, les prisonniers juifs étaient-ils déportés ? "

Maurice Doublet " Oui, bien sûr. " Surprise de Maître Varaut, qui d’un signe de la main indique son mécontentement, franche rigolade des avocats des parties civiles. Visiblement, le témoin a mal appris sa leçon.


 

Le témoin suivant est Robert Chaix, 77 ans, préfet honoraire, Créteil, " J’ai connu Papon à la préfecture de Paris, chef des services généraux en 1958. " Le témoin Robert Chaix donne sa version des événements de 1961 " Règlement de compte entre F.L.N. et M.N.A. Les Algériens devaient payer un impôt sous peine de mort (…) on a pris des mesures de soutien en faveur des Algériens (…) un attentat du F.L.N. tous les 12 jours(…) le 6 janvier 1961, c'est une véritable action de guerre du F.L.N., contre les commissariats de police qui échoue de justesse. L'attitude de Papon a été d’une parfaite indépendance vis à vis de l’O.A.S. et du F.L.N. ".

Maître Bournazel insiste sur le caractère pacifique de la manifestation du 17 octobre 1961 : " Connaissiez-vous le caractère pacifique de cette manifestation ? "

Robert Chaix " Ce n’est pas contradictoire avec ma déposition, il y a eu 11 000 arrestations. Au pont de Neuilly, il y avait des femmes et des enfants, nous avons laissé passer les enfants et les femmes, les autres se sont engouffrés. Le F.L.N. était en état de guerre, on ne pouvait pas laisser faire. "

Maître Bournazel " Combien y a-t-il eu de morts ? "

Robert Chaix " deux ou trois. "

Maître Bournazel " Que pensez-vous des deux cents à trois cents morts dont parlent les historiens pour la ratonnade ? "

Robert Chaix " Nous ne les avons jamais vus. On a dit qu’il y avait eu cinquante morts à la préfecture, c’est impensable. Je m’en tiens à ce nombre de corps d’hommes d’origine algérienne, qui ont été conduits à l’institut médico-légal de Paris. Les fusillades dans un carrefour très passager, c’est impensable. Il y a eu des enquêtes judiciaires, ces chiffres sont impensables. J’ai parlé à un historien de soixante-dix sept morts, c’était une moyenne mensuelle. La police n’égorge pas, elle ne tue pas par balles. Du fait du combat entre le F.L.N, qui suivait un triple enjeu politique et stratégique à Paris, et le M.N.A., il y a eu 4 000 Morts de 1958 à 1962. "

Maître Bournazel reprend Papon sur la cause des poursuites contre Bourdet. Papon a menti, il a été débouté et Bourdet relaxé sur le fait d’affirmer qu’il y avait eu cinquante morts à la préfecture. Que pense le témoin du climat général et en particulier, des policiers contre les exactions ? "

Robert Chaix " ... "

Maître Bournazel " Connaît-il les supplétifs ? "

Robert Chaix " Ils étaient environ trois cents dont cinquante-huit ont été tués et soixante-dix blessés. "

Maître Bournazel " Dépendaient-ils de Papon ? "

Robert Chaix " Non. "

Maître Bournazel " Mais les officiers ? "

Robert Chaix " Oui. "

Maître Bournazel " A-t-il entendu parler des tortures dans les hôtels de la Goutte d’Or ? "

Robert Chaix " Non. "

Maître Bournazel " Connaissez-vous ce numéro de " Témoignage Chrétien " qui parle de tortures dignes de la gestapo ? "

Robert Chaix " Je ne veux pas qu’on m’insulte. "

Le Président Castagnède reprend Maître Bournazel " Veuillez ne pas employer de termes qui, ici, ont un poids important. On ne doit pas juger ces faits. Ce ne sont que des témoignages. "

Maître Bournazel " On le voit bien Papon ment, pour Bourdet, il torture les Algériens. Au fil des ans, Papon ne change pas. "

Maître Jakubowicz " Papon a dit il n’y a pas de prise de conscience quand on obéit aux ordres du gouvernement, qu’en pensez-vous ? "

Robert Chaix " Non, je n’en ai pas le souvenir "

Maître Jakubowicz insiste.

Robert Chaix " Non, je ne crois pas que Papon soit capable de tenir de tels propos "

Maître Wetzer " Combien d’années avez-vous passé avec Papon ? "

Robert Chaix " de 1962 à 1967. "

Maître Wetzer " Est-il arrivé que vous évoquiez ses activités pendant la guerre ? "

Robert Chaix " Je n’étais pas assez proche de Papon pour qu’il m’en parle. "

Maître Wetzer " mais d’autres personnes, il arrive souvent qu’on évoque ses activités pendant la guerre ? "

Robert Chaix " Non. "

Maître Wetzer " Papon a parlé de quinze - vingt morts, vous de deux ou trois, comment expliquez-vous cette différence ? "

Robert Chaix " Je peux l’expliquer, on a retrouvé des corps dans la Seine, le lendemain, cela explique la différence. "

Maître Blet " onze mille arrestations, qu’est-il arrivé aux arrêtés ? Combien y a-t-il eu de blessés dans la police ? "

Robert Chaix " Soixante blessés dans la police - cent-deux policiers morts de 58 à 62. Les onze mille ont été libérés, seuls deux mille ont été assignés à résidence ou expulsés en Algérie. "

Maître Blet " Je souhaite confronter Jean Luc Einaudi avec la Cour. "

Maître Varaut " Tous les corps inhumés font l’objet d’une enquête par la police judiciaire. " Papon réservant ses observations pour la fin des débats, Jean-Luc Einaudi revient à la barre, parle de Constantin Melnik, conseiller de Michel Debré. Il a reconnu les faits, il dit en 1961 que chaque jour, il recevait des rapports où figurait le nombre de morts et de cadavres dans la Seine. Interrogé, Jean Gervais, directeur de cabinet de Papon a dit : " on retrouvait des noyés par balles. " Melnik précise qu’il a évalué le nombre de noyés à deux ou trois cents. Au pont de Neuilly, les policiers ont tiré les premiers (…) un policier m’a dit que certains de ses collègues poussaient les Algériens du pont de Neuilly, alors qu’ils disaient ne pas savoir nager. - Bourdet a affirmé qu’il y avait bien eu cinquante morts dans la cour de la préfecture. "

Robert Chaix revient à la barre, en fait, par moments, ils y sont même tous les deux ensemble. " Je maintiens ma déposition. Quel crédit peut-on apporter à Jean Luc Einaudi ? "

Le Président Castagnède à Jean Luc Einaudi " Y a-t-il eu des fonctionnaires qui ont parlé à l’époque ? "

Jean Luc Einaudi " Oui, " et il cite plusieurs noms de policiers, après avoir cité un nom à Robert Chaix " Le connaissez-vous ? "

Robert Chaix " Oui, c’est un syndicaliste. " (rires dans le public)

Le Président Castagnède " Y a-t-il eu une enquête ? "

Robert Chaix " Je ne sais pas. "

Jean Luc Einaudi " Non, il n’y en a pas eu, l’I.G.S. est intervenu, mais il n’y a jamais eu de suites. " Etc., Etc..

Enfin, Papon fait une longue déclaration, qui prouve que le mourant du début du procès se porte bien. Il a encore toute sa tête, très habile et parlant vrai, il explique sa version des événements. Au sujet du F.L.N., Papon dit que celui-ci voulait affaiblir la police, que c’était un État dans l'État, qui collectait l’impôt, exerçant une menace sur les travailleurs nord africains, jusqu’à l’égorgement. Il se substituait à la justice, voulait que les travailleurs désertent les tribunaux Français. Etait-il tolérable que s’installe cet Etat dans l'État ? Les 20 000 policiers parisiens, des hommes, des civils soudés à la vie, non une garde prétorienne, étaient pacifiques, incapables de résister aux guérilleros. Pour ce qui est de la manifestation du 17 octobre, mise en branle par le F.L.N., la préfecture commet deux erreurs : nous l’avons su seulement la veille et nous en avons sous-estimé l’importance. D’autre part, le premier coup de feu, Pont de Neuilly, a été tiré par le F.L.N. ". L’accusé reconnaît des brutalités, mais parler d’assassinat est " une calomnie inacceptable ".


 

une déportation à visage humain

 

Enfin vers 18 H, il achève en disant, une intonation gaullienne dans la voix : " S’il ne s’agissait que de moi-même, c’est peu de chose. Mais il s’agit aussi de la France, de la République, du gouvernement, qui sont compromis dans cette campagne, qui a été amorcée depuis longtemps déjà et qui semble trouver son épanouissement dans cette enceinte. Reste à l’ancien préfet de police, qui a la malchance de vivre encore à 87 ans, de répondre de la République et de la France. "



 

une déportation à visage humain

 

Et d’ajouter : " S'il ne s'était agi que de moi, c'était peu de chose, mais il s'agissait de la France. Et la France, tant que j’aurai un souffle, je n’y laisserai pas toucher. ".



Papon

 

 

 

Jean Luc Einaudi " Non, il n'y en a pas eu, l'IGS est intervenu, mais il n'y a jamais eu de suites " Etc... Etc...


 

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Enfin Papon fait une longue déclaration, qui prouve que le mourant du début du procès se porte bien, il a encore toute sa tête, très habile et parlant vrai, il explique sa version des événements.

 

La chose qui m’a frappé au cours de sa déposition, c’est quand, Papon évoque la France, sa voix se remplit d’émotion. Il est donc capable d’émotion, pas envers ses victimes algériennes ou juives mais pour la France ! Mais au fait, laquelle : La France Pétainiste et collabo ou la France Gaulliste, à moins que tout simplement ce soit les deux, pétainiste sous Pétain, gaulliste sous De Gaulle.


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Page mise à jour le 14 octobre, 2002

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