Cliquer sur la cocarde

Tout sur le procès de Bordeaux

Procédure et historique de l'affaire Papon

Les contributions et déclarations autour de l'affaire Papon

Les traductions en anglais, espagnol et néerlandais

Actualité

Le cédérom et le livre sur l'affaire Papon

Les documents

Les acteurs de l'affaire Papon

1961 - les évenemlents d'Algérie, les archives

Les liens sur l'affaire Papon

 

 

date dernière modification : 17/10/02

Chronique du 17 octobre 1997

PARDONNER ? MAIS PAPON DEMANDE T-IL PARDON ?

Précédente ] Remonter ] Suivante ]


L'audience d'assises commence par une mise au point importante de M° Jakubowitz (Consistoire Israélite) qui revient sur la déclaration de Pierre Messmer de la veille. " Cette déclaration m'apparaît intolérable, elle visait le président de la République Jacques Chirac. A titre d'information dans cette déclaration capitale, le président de la république évoquait ces heures noires qui souillent à jamais la mémoire .... " Dans cette déclaration, en 1995, Jacques Chirac n'avait pas mélangé les Français qui avaient trahi l'honneur de la France et ceux qui s'étaient battus pour la restauration de la république. M° Jakubowitz la cite intégralement et demande qu'elle soit acquise aux débats. Ce que le président accepte.

M° Varaut : " L'ambassadeur Walter Eytan a déclaré dans la presse qu'il contredisait les propos de Papon d'hier, et qu'il ne lui avait jamais adressé de félicitations. Je demande que soit produite la mitraillette remise à Papon par l'ambassadeur Eytan "
Le président Castagnède lui explique qu'il n'a pas besoin de permission pour produire une pièce.


Entre maintenant le Révérend Père Lelong, Michel, 72 ans, Prêtre catholique, missionnaire Père Blanc. : " Je ne connais pas Papon - Je connais la période 40-45 - J'avais 15 ans en 40 - vivait dans l'espoir de De Gaulle - Très vite déçu par Pétain - Angoissé et révolté au vu de l'étoile jaune - Révolté par le silence des évêques, leur collaboration - Choqué par ce que subit Papon, aujourd'hui" etc. Il conclut en demandant au jury de pardonner et en lançant un appel à la réconciliation. Je trouve son intervention particulièrement choquante, il ne connaît pas Papon, à quel titre témoigne-t-il ? Par qui est-il mandaté pour demander au jury de pardonner ? Représente-t-il l'église ? Cela me rappelle les propos de Simone Weill qui disait un jour que nous voulions bien pardonner, mais qui demande pardon ? Papon a-t-il jamais demandé pardon ? A-t-il jamais eu le moindre remords pour ses actes ? Comme depuis le début de l'audience, a-t-il jamais eu un regard vers les parties civiles ? Le procureur Desclaux restitue le procès, ce n'est pas celui de Vichy mais d'un homme. Lui demande quelles ont été ses réactions à l'arrestation des juifs par des français ? " Révérend Père Lelong : " C'est une catastrophe d'avoir eu à faire ça. " M° Boulanger " Remercie la défense d'avoir produit un témoin de moralité qui n'a connu Papon qu'à la barre " et interroge le témoin sur Garaudy et une lettre signée par lui en sa faveur. Révérend Père Lelong : "Oui j'ai écrit la lettre mais ce n'est pas pour cela que je partage les idées de Garaudy " Maîtres Jakubowitz, Tubiana (Ligue des droits de l'Homme) tentent de le mettre en défaut, mais c'est finalement Maître Zaoui qui y parvient en lui faisant expliquer ce qu'il entend par pardon. " Le pardon est-il possible sans la reconnaissance des faits " Révérend Père Lelong : " Non, il faut la vérité ". Papon : " Merci, enfin je respire après les injures et les calomnies d'hier "


Puis c'est le tour de Raymond Barre, 73 ans, ancien Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing, député - maire de Lyon " Cité par la défense, je ne connais Papon que depuis 1976. J'avais entendu parlé de lui avant, il avait la confiance de De Gaulle et de Debré " " Maurice Papon fut mon ministre du Budget de 1978 à 1981. Dans une période très difficile, celle du second choc pétrolier, il s'est révélé efficace et compétent, il m'a aidé à faire en sorte que les finances de la France puissent être sauvegardées. Je loue sa loyauté car bien que d'un parti qui critiquait mon gouvernement il m'a toujours été loyal " Raymond Barre affirme qu'il ne s'était pas posé de questions sur le passé de Vichy de Papon car " sa réputation était excellente " L'avocat général Marc Robert l'interroge alors " Connaissait-il les responsabilités de Papon pendant la guerre " Raymond Barre : " Non, je n'ai connu son passé qu'en 1981. " Puis interviennent nos avocats, Me Klarsfeld (fils et filles...) " Que pensez-vous des hauts fonctionnaires froids qui appliquent les ordres contraires à leur conscience " Raymond Barre : " En ce qui concerne l'administration, je n'ai jamais vu ce genre d'individus sans âme. " A mes côtés, Michel Slitinsky bout, " les avocats sont nuls, quand vont-ils lui poser des questions sur sa déclaration à l'AFP Famille Travail Patrie. Il était d'accord avec Pétain. "


C'est maintenant le tour d'un autre témoin, Olivier Guichard, 77 ans, Président du conseil régional des Pays de Loire : " Je ne suis ni juriste, ni historien, j'ai connu Papon quand il était préfet de Paris, j'étais chef de cabinet de De Gaulle. (...) De Gaulle m'en a parlé un jour, " Ha oui, Papon, préfet de Vichy était avec moi en septembre 1944 à Bordeaux. Il a rendu des services à Cusin à la Libération. " Puis Olivier Guichard explique comment De Gaulle, au nom de l'unité, a intégré les anciens cadres de Vichy à la Libération. " De Gaulle avait le désir extrêmement vif de protéger à tout prix l'unité du pays. (...)C'est ainsi qu'est né ce que certains appellent le mythe gaulliste (...) De Gaulle avait déclaré l'inexistence de Vichy pour aboutir à ce résultat. On ne pouvait incriminer des Français pour leur appartenance à un régime qui n'existait pas (...) Tous les anciens premiers ministres du général étaient fonctionnaires de Vichy mais cela n'a pas paru extraordinaire " Il cite un professeur (je suppose Pompidou) , un conseiller d'Etat et un diplomate. " Les questions qu'on doit résoudre avec soi-même sont les plus difficiles. M° Klarsfeld lui demande si Chirac n'a pas fait sa déclaration en 1995 parce qu'il a fallu attendre un président qui n'était pas majeur pendant la guerre. Olivier Guichard : " Non un autre président avait le même âge " M° Blet (ANACR) : " De Gaulle a-t-il fait des recherches sur le rôle de Papon avant la campagne électorale " Olivier Guichard : " Georges Pompidou m'a tenu les mêmes propos que De Gaulle oui, le préfet de police nous a rendu des services au moment de la Libération. " M° Blet " Vous dites bien que Papon a rendu des services à la libération pas avant la libération ? " Olivier Guichard : " Oui "


Le témoin suivant, Philippe Mestre, 70 ans, ancien préfet de région, ancien député, ancien ministre : " Je n'ai connu Papon que quand il était député, pas dans la préfectorale. Après que l'affaire a éclatée en 1981, Bourgès-Maunoury m'a fait des confidences sur les services rendus par Maurice Papon à la Résistance " " Ce qu'il disait me paraissait suffire en soi. " " Le rôle de Papon dans la Résistance entre 1942 et 1944 explique pourquoi Papon est resté en poste. " " Il ne faisait pas de doute que la solution finale, secret le mieux gardé ne pouvait pas être connu par un secrétaire général de préfecture. " " Maurice Sabatier portait seul la responsabilité de ce qui se passait ". " On attendait le retour des déportés comme celui des STO ou des prisonniers " Le questionnement du témoin par nos avocats ne donne pas grand chose, des protestations quand Philippe Mestre n'a pas d'observations à faire quand Klarsfeld lui rappelle que Bourgès-Maunoury a déclaré que Papon signait par inadvertance. Seul Tubiana, parvient à lui faire reconnaître qu'il écoutait Radio Londres tous les soirs (ou presque).


Le témoin suivant Paul Henri Watine, 53 ans, Trésorier Payeur Général à Marseille n'apporte pas grand chose " Papon était un grand serviteur de l'état - Droit - Agréable à travailler " Il n'a connu Papon qu'en 1978.

Serge Vincon, sénateur Maire de Gretz a succédé à Papon à la mairie, le porte très haut dans son estime. etc.. etc..

Il est 16 heures, le président Castagnède fait part de deux courriers qu'il a reçus, un de Valéry Giscard d'Estaing qui ne viendra pas, la défense renonce à son audition et demande à la cour de lire sa lettre et le deuxième de Guy de Rothschild, 88 ans, F.F.L., incapable de venir, de toute façon, il n'a pas connu Papon. Il est passé outre à leur audition.

Puis il est donné lecture de deux dépositions de témoins qui ne viendront pas.  


Précédente ] Remonter ] Suivante ]

Les chroniques d'Octobre
Les chroniques de Novembre
Les chroniques de Décembre
Les chroniques de Janvier
Les chroniques de Février
Les chroniques de Mars
Les chroniques de Mars Avril

© Copyright 1997, J.M. Matisson

 

Retour Accueil

© Affaire Papon - JM Matisson

Page mise à jour le 14 octobre, 2002

Nous contacter, s'inscrire sur la liste de diffusion

Retour Accueil