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date
dernière modification : 22/07/02
Chronique du 15 décembre
1997
Papon,
comme Eichmann dit avoir obéi aux ordres
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Maître Varaut " Je demande la
production d'une pièce du 16 juillet "
Le président Castagnède " Avant de
diffuser cette pièce, je vous demande Papon si vous voulez revenir sur
vos déclarations d'hier et d'avant hier ? "
Papon " Non, à la fin, je ferai des
remarques générales. "
Le président Castagnède projette la pièce.
Maître Varaut la commente, il s'agit d'un document tiré du dossier du
tribunal militaire contre le KDS devant qui furent jugés Luther et 14
membres du KDS. Luther fut condamné à 5 ans de prison. Il présente
ensuite d'autres pièces, du procès Dehan qui fut fusillé. Il argumente
en disant que toutes les pièces du dossier étaient déjà connues et que
la plainte de 1981 ne reposait pas sur des pièces cachées. Il poursuit
en disant que les crimes qu'on poursuit aujourd'hui furent déjà jugés.
Il présente enfin une copie des ordres allemands, se plaint que le président
Castagnède ne les ait pas présentés. Le président répond que s'il ne
l'a pas fait c'est que dans les pièces qu'il a présenté, les ordres
initiaux étaient suffisamment explicites pour ne pas avoir à le faire.
Maître Varaut " J'ai eu une révélation
ce week-end monsieur le président. " Et montre que dès juillet 42,
les allemands parlaient d'Auschwitz. "
Sur le banc des parties civiles " sa révélation,
c'est Sainte Bergès. "
Le président Castagnède le reprend pour lui
dire qu'il a une pièce qui prouve que c'est dès juin que les allemands
parlent d'Auschwitz.
Enfin, Maître Varaut " Je conclus en
demandant que les parties civiles ne posent que des questions utiles.
" Il en a de bonnes, on n'a qu'à lui soumettre nos questions ? C'est
le nouveau bureau de la censure.
Maître Boulanger " On voit bien la stratégie
de Varaut derrière tout ça, il veut montrer que les faits étaient
connus dès 1947 et 1953. Maître Varaut a écrit lui-même le contraire
de ce qu'il affirme aujourd'hui, au sujet de Pétain. 150 ouvrages ont été
écrits par les victimes de la déportation. Elles n'ont pas été
entendues à cette époque, elles veulent être entendues aujourd'hui. Ce
débat n'est possible juridiquement que si on écoute la voix des
victimes. Quand Michel Slitinsky veut savoir pourquoi ses parents ont été
déportés et porte plainte avec sa soeur, il subit un non lieu d'un juge
militaire. La justice militaire est à la justice ce que la musique
militaire est à la musique. Papon, comme Eichmann dit avoir obéi aux
ordres. "
Papon " Un mot, je viens d'entendre
Boulanger, je veux dire que ni dans le procès Dehan, ni dans le procès
du KDS, ni dans la plainte de Slitinsky, le nom de Papon est sorti. On
essaie de ressortir le nom d'une personne qui n'a rien fait. "
Maître Levy revient sur la pièce que Varaut
a présenté. " Maître Varaut vient de faire une observation
volontairement erronée (...) La défense essaie de rattraper une réponse
malheureuse de Papon vendredi, quand il déclarait qu'il y avait aucun
membre de la Feld Gendarmerie pendant la rafle. Ce que Varaut dit est
faux, le point qu'il souligne signifie exactement que la Feld Gendarmerie
accompagnera les convois de Drancy vers l'Allemagne. "
Papon " Maître Lévy dit ce qui
l'arrange. (...) "
Le président Castagnède puis Maître Varaut
interviennent. Après s'être offusqué des paroles de Maître Levy qui
remettent en cause son intégrité, il s'excuse de s'être mal exprimé.
Puis Maître Klarsfeld enchaîne " Le
procès du KDS était ubuesque, Luther a dit que la répression juive était
terminée en 1942. (...) Sabatier dit Luther n'a pas poussé à la déportation.
Papon aujourd'hui dit que Luther est une bête sanguinaire. (...) Dès le
6 juillet, les allemands demandent trois jours de ravitaillement, le
convoi devait aller directement de Bordeaux à Auschwitz. Pourquoi trois
jours de ravitaillement ? Trois jours cela signifie que la destination,
c'est l'Allemagne. " Le président Castagnède acquiesce de la tête.
" Merci à Maître Varaut parce que vous venez de prouver qu'un haut
fonctionnaire comme Papon ne pouvait pas ignorer que les juifs devaient
aller en Allemagne ou en Pologne annexée. "
Maître Favreau explique enfin " (...)
Papon se trompe une fois de plus. Il a été cité à plusieurs reprises
dans les procès Dehan et du KDS. Il rappelle que si Dehan mérite sa
peine, il a payé aussi pour d'autres (...) Dehan dit qu'il recevait les
ordres de la préfecture (...) or quand on interroge la préfecture et
qu'on vient y chercher le fichier, on se fait répondre " on ne possède
rien, ce service quand il apprenait indirectement une arrestation le
notait sur le fichier. Avec ce qu'on sait aujourd'hui, on est effaré.
"
Le président Castagnède donne enfin la
parole à l'avocat général Robert. Celui-ci commence par reposer le
cadre général de façon simplifiée...
La suite prochainement.
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