La Cour d'Assises
qui jugera Maurice Papon,
à l'automne prochain,
sera présidée par Jean-Louis Castagnède
Bernadette
Dubourg (Journal "Sud-Ouest")
Jean-Louis Castagnède, 52 ans, présidera
la Cour d’Assises de la Girondes qui jugera en octobre prochain Maurice
Papon, 87 ans, accusé de crimes contre l’Humanité*
pour l’arrestation et la déportation de près de 1600 Juifs bordelais
lorsqu’il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde,
de 1942 à 1944.
Président à la cour d’appel de
Bordeaux, Jean-Louis Castagnède est un praticien chevronné de la cour
d’Assises qu’il a présidé à Toulouse puis à Bordeaux où il est
arrivé en 1988. C’est aussi un pénaliste confirmé et un redoutable
meneur de débats, comme il le montre trois fois par semaine comme président
de la chambre des appels correctionnels où a notamment été jugé Claude
Bez en janvier 1995.
Un signal fort
Ses deux assesseurs, Jean-Pierre Esperben,
49 ans, et Irène Carbonnier, 47 ans, tous les deux conseillers à la cour
d’appels de Bordeaux, sont également des pénalistes avec lesquels il a
eu l’occasion de travailler.
Jean-Pierre Esperben était un de ses
assesseurs à la chambre des appels correctionnels avant de prendre, au début
de cette année, la présidence de la cour d’Assises de la Gironde.
Jusqu’à l’an dernier, il présidait également la cour d’Assises de
la Charente.
Irène Carbonnier, qui siège actuellement
à la chambre des appels correctionnels, préside pour sa part depuis
plusieurs années la cour d’Assises de la Dordogne et a également eu
l’occasion de présider celle de la Gironde, en remplacement du président
titulaire.
Le " signal fort "
qu’a voulu faire passer le premier président de la cour d’appel,
Michel Vigneron, en choisissant ces juges pénalistes, habitués des
assises et parfois de lourds dossiers, se confirme avec le choix des
assesseurs suppléants qui compléteront la cour pour pallier l’éventuelle
défaillance d’un titulaire et permettre au procès de se poursuivre
jusqu’à son terme.
C’est au moins le cas de Louis Minvielle,
50 ans, vice-président au tribunal de grande instance de Bordeaux où il
préside plusieurs audiences correctionnelles et notamment celle consacrée
aux grosses affaires de stupéfiants. Il a également eu l’occasion de
siéger comme assesseur à la cour d’assises de la gironde. L’autre
magistrat suppléant est le juge placé auprès du premier président,
Caroline Faure, 35 ans.
Côté parquet général, l’accusation
sera soutenue par le procureur général en personne, Henri Desclaux,
comme cela avait d’ailleurs été le cas pour le procès de Klaus Barbie
à Lyon avec le procureur général Pierre Truche qui est aujourd’hui
premier président de la Cour de cassation, le plus haut magistrat de
France. Henri Desclaux devrait également être accompagné d’un avocat
général.
Le procès de Maurice Papon devrait débuter
dans le courant du mois d’octobre prochain " sous réserve
de l’achèvement des travaux " et durer au moins deux
mois.
Même si la décision de la chancellerie
n’est pas encore officiellement arrêtée, on s’achemine vers la
construction d’une salle d’audience dans la salle des pas perdus du
palais de justice de Bordeaux et l’aménagement de diverses salles pour
les témoins, les jurés, le service de sécurité, ainsi qu’une antenne
médicale pour les personnes âgées, parties civiles ou témoins qui
assisteront au procès.
B.D.
Les principaux
documents sont aussi disponible sous forme de fichier au format word
(document ZIP)
Page
de téléchargement
|