Déclaration de Jouffa (Ligue des Droits de l'Homme)
Commentaires de Jean-Marie Matisson
Yves Jouffa, suite à cette attaque honteuse a décidé de venir témoigner. Il
vient de déclarer " Mon arrestation et celle de mon père ont été opérées à
notre domicile, le 20 août 1941, par des policiers français. J'avais vingt et un ans et
j'étais un interné de base. Je n'ai jamais fait partie des cadres du camp et je n'ai
jamais eu un contact avec les allemands, mais toujours avec les autorités françaises.
(...) Trois fois par semaine, j'avais peur d'être sur une des listes, de même que
j'avais peur d'être un de ceux qu'on venait chercher pour fusiller, parce que j'avais
été responsable des Etudiants socialistes de Paris avant guerre.
J'avais été élu par mes camarades de chambre pour répartir équitablement le pain,
pesé avec une balance artisanale en ficelles et carton que j'avais fabriquée. Au début
de la déportation, c'étaient les hommes valides qui partaient et il y avait même des
volontaires. Quand on a vu, dès 1942, qu'ils emmenaient des petits bébés, des
vieillards et des malades sur des civières, on a compris que c' était pour la
destruction. Et ça, un mec comme Papon devait le savoir.
Ma libération et celle de mon père ont eu lieu le 14 septembre 1942 : ma mère, qui
était devenue lingère à l'UGJF pour ravauder des vêtements d'écoliers, a pu l'obtenir
grâce à des relations. C'était à une période où l'administration du camp a fait
preuve d'une certaine souplesse. Papon s'en prend aujourd'hui à moi en raison de ma
notoriété et parce que je suis l'un des derniers survivants. "
Franchement, je trouve Yves Jouffa bien bon d'accorder le titre de mec à Papon qui
n'est qu'un monstre froid au cur de pierre !!
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