Etat des juifs dont le conjoint est aryen
Le 3 juillet 1942, le directeur du camp d'internement de Mérignac envoie la liste des juifs dont le conjoint est aryen.
Le cas d'Adolfe Benifla a été évoqué. Son père Moise est sur la liste. Pourtant, Adolfe sera dÈporté et exterminé bien que non juif. Il ne sera radié du fichier juif qu'en janvier 1943.
C'est ce que l'on appelle le zèle de Papon.
Devant la cour, Maitre Boulanger le 18 décembre 1997, dira que le service des
questions juives sait parfaitement que la mère de Benifla est catholique et que son fils
est à Mérignac en situation douteuse. Pourtant la préfecture de la Gironde, utilise un
autre terme : " Benifla Adolfe, propagande communiste, religion juive ",
écroué au fort du Hâ, refoulé par les allemands, c'est le terme employé par la
préfecture de la Gironde pour la déportation. Même si la préfecture ne faisait que du
refoulement vers Drancy, c'est à dire de la déportation, c'est déjà constitutif du
crime contre l'humanité.
Maître Touzet dira le même jour : " Je voudrais voir une pièce, le 4 juillet 1942,
le service des questions juives de Papon demande d'amener son certificat de baptême
d'extrême urgence. Que va faire la préfecture le 4 juillet 1942 ? C'était le moment de
faire quelque chose. Le service des questions juives transmet le dossier au commissariat
aux questions juives et pendant que la procédure se poursuit, Adolfe Benifla est
déporté. Je dis qu'avec un peu de célérité, il était possible de sauver Adolfe. On
frémit en voyant que le service des questions juives procède à leur radiation en
janvier 1943. Encore un exemple d'incurie du service des questions juives et le mot est
trop faible. "